Avertir le modérateur

Ces personnes qui s'identifient à leur souffrance ...

pervers narcissique, manipulateur pervers, pn, geneviève schmit, souffrance psychologique, torture psychique, résilience, Mon expérience de thérapeute-analyste experte dans l'accompagnement et le soutien des femmes victimes de violence psychologique m'a amené à croiser le chemin d'hommes et de femmes surtout, qui dégagent, sous des apparences de bienveillance, une énergie de violence particulièrement nocive.
Étant régulièrement la cible de ces personnes, et ayant eu le témoignage d'autres professionnels compétents vivant les même expériences que moi, j'ai cherché à comprendre ce qui les motivent.
Pour moi il y avait un non sens car, dans mon monde de Bisounours, il est logique que défendant la même cause nous devions nous unir.
Alors pourquoi ??? Pourquoi tant d'acharnement ?

J'en suis arrivée à la conclusion que ces personnes se sont identifiées à leur cause.
Autrement dit, elles sont devenues cette cause et n'existeraient plus sans cette agitation.
Les professionnels apportant une autre vision que la leur, vision restée sclérosée sur la violence et la haine, deviennent donc un danger pour elles.
Ces personnes n'admettent aucun avis contradictoire et éjectent avec une violence à la hauteur de leur état interne ceux qui, à leur yeux, s'opposent à elles et à leur vérité.
Elles sont mues d'une grande colère qu'elles ne peuvent diriger vers la vraie source et donc, pour soulager cette tension, trouvent un bouc émissaire.
De plus, dégageant cette énergie destructrice, elles vont attirer à elles, tel un trou noir, les « victimes » qui se trouvent à ce stade légitime de colère et vont les y maintenir.
C'est là que ce trouve le plus grand danger.
La colère est une énergie qui est indispensable pour mettre en mouvement le changement dans le cadre de la manipulation perverse. Par contre, si l'on maintient cette énergie puissante en l'état, elle fini inévitablement par se retourner contre les personnes elles-même, engendrant parfois même la maladie.

S'identifier à la souffrance

Mon expérience professionnelle m'a permis de me rendre compte que certaines victimes de manipulateurs pervers en arrivent à s'identifier à leur souffrance.

Je veux dire par là qu'elles « deviennent » cette souffrance. Elles « sont » le symbole de la souffrance de toutes les autres.
Sans l'expression de cette souffrance elles pensent inconsciemment ne plus exister.
Toute leur vie tourne alors autour de ce drame et de ses conséquences. Elles tombent dans ce que l'on pourrait appeler une complaisance victimaire.
Elles se découvrent une énergie (colère – haine) immense qui, ne pouvant être contenue, peut être renvoyée vers l'extérieur (objet de transition).
Elles semblent capables de traîner cette haine et cette violence toute leur vie puisqu'elles sont devenues leur identité. C'est un clivage d'image.

Il faut bien comprendre que si ces personnes en sont là c'est qu'elles n'ont pas trouvé d'autres voies  pour évacuer ce déferlement d’émotions de souffrances ressenties.
Le travail de consolidation de la blessure intérieure n'a pas pu se faire.
Plus la souffrance persiste dans le temps plus l'individu peut acquérir une personnalité qui se nourrit elle même de cette perversion. Ces blessures résonneront alors sur des instances perverties.
Elle pourra vivre des phénomènes dissociatifs qui auront des postures perverses comme celles-là même qu'elles combattent.

Cette énergie de haine, de colère, de souffrance peut alors, soit se retourner contre elle-même (maladie), soit être orientée vers l'extérieur.
Dans ce deuxième cas, deux possibilités encore : Soit elle deviennent perverses à leur tour en manipulant les autres pour leur propre bénéfice, soit elles légitimisent cette capacité acquise et créent une dérivation en intervenant dans des groupes, forums ou autres lieux d'échanges sur le sujet qui fait leur identité propre.
Elles déversent l'énergie de leur colère et haine non gérée pour se libérer de leur tension et provoquent  ainsi des réactions vives abondant dans leur sens et dont elles se nourrissent à leur tour.

Dans la première possibilité, on peut voir émerger des maladies dues à des disrégulations, d’abord neuronales puis hormonales qui provoquent à bas bruit des maladies aiguës dans un premier temps puis chroniques par le suite. On trouvera souvent des maladies auto immunes, des cancers, SEP, fibromyalgies, maladie de Crohn, etc. ...
Nous savons aujourd'hui à quel point le mental influe sur le corps physique !
Il est important de noter que certaines personnes font une forme de déni de leur état de souffrance intérieure, et qu'elles « subissent » alors leur symptômes qui leur sert parfois de faire valoir.

Dans la seconde possibilité elles vont prendre leur revanche sur la vie, prenant pour acquise la croyance que le monde est mauvais, qu'il faut se battre pour se protéger et détruire ce qui les menaces personnellement dans leur identité.
Et dans le dernier cas, elles vont  souvent souhaiter créer, animer des groupes qui vont drainer vers elles d'autres victimes qui sont dans cette étape légitime et normalement temporaire de colère, l'alimentant de la leur et se nourrir de celle des autres.
Ces personnes là sont prompte à détruire tout ce qui peut s'opposer à elles car, comme pour les manipulateurs pervers qu'elles combattent, elles ont besoin d'être reconnues dans cette souffrance.
Elles se « nourrissent » du conflit mais ceux/celles qui s’opposent en mettant en évidence leurs contradictions deviennent des ennemis » car ils sont vécus comme mortifères.
Ceux qui s'opposeront à elles deviendront des boucs émissaires, des personnes à abattre.

C’est ce qui peut arrive avec les perversions ou séquelles de perversions lorsqu'il n'y a pas eu de résilience.
La constitution du Moi est elle-même pervertie si bien qu’il se crée une confusion entre le Bien et le Mal, voire une véritable inversion.
Et si quelqu’un s’oppose à cela, il sera vécu, sincèrement, comme un agent de mort.
Éliminer le sujet du problème, du conflit intérieur revient pour elles à éliminer le problème …
Leur pulsion peut alors être utilisée pour rassembler et utiliser les victimes qui les entourent afin de les soutenir dans leur besoin d'être un bourreau expiatoire.
Ces mécanismes ont pour but de soulager leurs propres tensions.

Que faire pour accompagner ces personnes vers la voie d'une résilience qui les aidera et protégera ceux qui les entourent ?
Cette tâche semble bien difficile car elles ne sont pas demandeuses, et se vivent souvent dans la domination et le contrôle des autres…

Au niveau individuel il serait toute fois important de tenter de mettre en évidence le caractère stérile de la posture mise en place.
Ensuite les ramener à ce qui est positif en elles, ce qu'elles ont construit, revenir aux éléments simple de leur vie actuelle.
Au niveau plus social, il n'y a malheureusement pas grand chose à faire car, comme avec les manipulateurs pervers, tout ce qui pourra être avancé comme argument salvateur, sera déformé et utilisé comme élément destructeur.

Même s'il est bon d'en profiter pour faire une introspection, la personne utilisé comme objet à abattre ne doit jamais se justifier de ce qu'elle est ou de ce qu'elle fait !
En aucun cas contrer car cette attitude a pour capacité d'alimenter leur énergie.
Mais il ne faut pas non plus se laisser externaliser du territoire …
Peut être se dire qu'il y a quelque chose en soi qui les dérange, qu'elles ne peuvent atteindre et donc veulent détruire.

Geneviève SCHMIT

soutien-psy-en-ligne.fr

pervers-narcissiques.fr

 

Commentaires

  • Je trouve cette analyse tout à fait vraie, ayant vécu ce phénomène et m'étant ravisée juste à temps, avant que cela ne provoque des séquelles irréversibles... Je pense effectivement que toutes ses personnes ayant vécus au travers d'une autre, sont parfois incapables de vivre seules sereinement et de se construire un monde positif par elles même, elles ont besoin de cette haine récurantes pour se sentir exister et se réfugie encore dans le négatif, oui Geneviève vous n'avez pas un métier facile, vous être confrontée à ce genre de situations et vous qui êtes sensible et essayez de faire avancer ces personnes, ce doit être d'une frustration insupportable.Il est bien compliqué d'expliquer à toutes ces personnes blessées que le bonheur vient par nous même que c'est nous qui le créons, lorsque j'ai compris cela ma vie a soudain pris un autre visage

  • Oui tout à fait, le fait d'avoir toujours un ennemi et un combat empêche de voir ses propres problèmes et de les résoudre.
    Je mesure maintenant l'effet du psychologique sur le corps (capsulite de l'épaule). Comme si le corps, reflet de l'âme, voulait porter les stigmates de cette souffrance intérieure terrible.

  • Merci Geneviève pour cette excellente analyse et article.
    En conclusion ou apport, je dirais que tant que nous sommes dans la colère identitaire, nous ne voyons plus la réalité sur soi et les autres telle qu'elle est réellement. Nous sommes prisonniers de nous-même et cela ne règle en rien notre problématique de s'en sortir... ce qui accentue encore plus la colère.
    Cordialement
    Christophe

  • C'est vrai, mais je crois qu'un moment donné il faut organiser une nouvelle vie, en oubliant les souffrances du passé, je me bats tous les jours et vis au jour le jour.
    Je n'ai plus de haine et par contre lui est haineux, mais je rentre pas dans ce jeu, je n'ai aucune raison de manipuler mon entourage, le danger était chez moi, et non à l'extérieur." ne fais pas subir aux autres, ce que tu ne veux plus subir".
    J'ai pardonné, mais pas oublié toutes ces violences physiques et psychologiques que j'ai du supporter.
    Courage à vous car ça n'est pas simple.

  • Un petit bonjour,

    Il y a la colère légitime, qui s'estompe quand on n'est plus exposé(e) à ce qui la cause ; et il y a une colère qui tourne en boucle et finit par s'entretenir elle-même. Rester dans cet état, c'est aussi s'interdire de tourner la page et maintenir un lien. Lien de haine et non d'amour, mais lien quand même qui fait que les victimes en colère restent encore sous emprise, d'une autre façon.
    Il est bon dans un premier temps que la colère s'exprime, mais il faut ensuite parvenir à la mettre à distance pour se retrouver, ni victime ni bourreau, soi-même.

    Merci pour votre lucidité,
    Mélusine

  • Merci pour cet article qui m'a permis de comprendre que rester centrée sur ma souffrance et l'entretenir en la partageant avec d'autres ne pouvait être que nuisible.

  • Je suis d'accord avec tout ça mais ça reste super dur de s'entendre niée dans sa souffrance surtout par ses proches. Je ne tombe dans la spirale de la haine, même pas avec mon ex, car je sais que celà n'a aucun interêt, mais par contre, je préfère couper avec ceux qui ne comprennent pas et ça me rend triste. Je suis comme je suis, avec mes défauts et mes qualités, je suis suivie par une psy super, je me suis énormement apaisée et ai beaucoup cheminée mais zut, je ne suis pas malade, et ne quitte pas mon mari pour le plaisir, je ne comprend pas pourquoi ça fait peur de soulever la vérité. Tous le monde n'a pas les éléments pour juger mais quand même, on apprend sur soi mais aussi beaucoup sur les autres!!!

  • Comme je vous comprend...
    Peut-être faire le deuil de la compréhension des autres...
    Peut être aussi ne pas juger...
    Amicalement, Geneviève

  • Comme j'apprécie votre témoignage Maggie !!!
    C'est malheureusement souvent mal compris !
    Amicalement, Geneviève

  • comme ce témoignage me permet d'avancer .... c'est une découverte en le lisant .... ce n'est pas facile de ne plus raconter !!!! mais c'est vrai il faut arrêter d'haïr le bourreau et vivre en paix avec soi-même !!! qu'il se débrouille tout seul le bourreau !!!!
    merci Geneviève

  • Merci, Geneviève, de nous mettre en garde.
    Il m'est arrivé comme Marie Joseph, de souffrir du manque de reconnaissance par mon entourage de l'ampleur de la violence qui m'avait été faite, et comme elle, j'ai, non pas coupé, mais mis des distances avec ces personnes. Pour cela, j'ai eu besoin dans un premier temps, de partager, de connaître d'autres expériences dans des forums, histoire de me dire que je n'étais pas folle, que cette violence subtile est incroyablement destructrice, et que cela portait un nom. Mais j'ai réalisé que je devais passer à autre chose maintenant, ne pas rester ancrée dans ces forums car ils ne font qu'alimenter des souffrances, l'esprit revanchard et entretenir le trauma. Et on se retrouve bloqué, sans pouvoir avancer. Et comme vous m'aviez dit, "la meilleure revanche possible est celle de réussir notre bonheur", j'ai imprimé cette phrase!

Les commentaires sont fermés.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu